Face à un monde du travail traversé par les innovations et l’accélération des mutations, la plupart des postes de travail doivent évoluer et se reconfigurer avec ces changements. S’adapter et faire face à l’incertitude n’est pas chose aisée. La transformation numérique est aussi celle des collaborateurs, qui aspirent à mieux appréhender les possibilités offertes par les nouveaux outils de travail qui impactent leur quotidien et leurs relations avec l’environnement interne comme externe. Si 86 % des salariés français déclarent être « à l’aise » avec l’usage des technologies numériques, ils sont 40 % à juger prioritaires des formations spécifiques pour les aider à mieux travailler à l’ère du numérique. La maîtrise des compétences numériques de base est devenue indispensable mais ce n’est pas sur cette évolution que nous nous concentrerons.

La recherche de compétences d’interaction et d’analyse au service d’une capacité d’adaptation toujours plus forte

Si la maîtrise de compétences techniques (hard skills, liées au métier) reste nécessaire et conditionne la capacité à apporter de la valeur ajoutée à l’entreprise, les besoins de compétence évoluent à la fois vers un champ socio-relationnel beaucoup plus marqué et vers une approche cognitive beaucoup plus forte. Ce sont désormais les compétences comportementales (soft skills) d’interaction et d’analyse qui apparaissent les plus adaptées aux situations de travail.
D’une part, dans un contexte évolutif et incertain,
l’intelligence sociale apparaît comme décisive pour comprendre et être en capacité de s’adapter à des situations nouvelles. Le facteur créativité apparaît ici comme une soft skill de plus en plus nécessaire pour inventer des solutions et accompagner ou diriger la transformation.
D’autre part, dans un contexte où la valeur est soutenue par des interactions constantes dans des cycles de décision raccourcis, la capacité à interagir efficacement avec les autres (capacités de coopération et de communication) n’a jamais été aussi forte, tout en optimisant les moyens offerts par le digital et l’automatisation en général.

Analyse critique, créativité, coopération, communication…

Telles sont ainsi les 4 compétences clés du XXIe siècle, que l’on appelle les 4 C, théorisées par l’organisation américaine P21 et adoptées par le système scolaire américain.

Schéma
Les compétences clés du travail de demain – © Stéphane Rodriguez
Il faut être convaincu que ce qui fait la performance d’une personne dans l’entreprise, ce n’est pas forcément son diplôme mais c’est plutôt sa créativité, sa capacité d’analyse, sa capacité de coopération, ses capacités de communication… Ce sont les 4 compétences du 21e siècle. Elles permettent de prédire la performance d’un employé.

Jérémy Lamri, CEO Monkey tie & Le Lab RH

10 soft skills indispensables

Dans une étude menée au sein de 15 pays, le World Economic Forum (WEF) a identifié les 10 soft skills que les salariés estiment indispensables de posséder d’ici 2020. On retrouve bien ici les capacités d’analyse critique (résolution de problèmes complexes, pensée critique, intelligence émotionnelle et souplesse cognitive), de créativité, de coopération (gestion des équipes, coordination, négociation, souci du service client), auxquelles se rajoutent le jugement et la prise de décision.

Soft skills : les compétences du futur
Soft skills : les compétences du futur (WEF, mise en forme re.sources, groupe Randstad France)

Autant de compétences comportementales désormais recherchées par les recruteurs en soutien des compétences techniques, constitutives du profil idéal de collaborateurs en capacité de s’adapter à des conditions de travail évolutives, d’appréhender et de faire face à la complexité des situations rencontrées.

La capacité à apprendre devient déterminante

Face à une obsolescence de plus en plus rapide des compétences, nombre de métiers sont en transformation permanente. Cette transformation est marquée, d’une part, par une recherche de polyvalence et de compétences croisées, liée à des phénomènes d’hybridation des métiers, et, d’autre part, à un mouvement de spécialisation pouvant conduire à la création de nouveaux métiers (pensons sur ce point à tous les métiers de la data). Ce mouvement nécessite, pour l’individu, de se placer dans une logique d’apprentissage permanent.

La capacité à apprendre en continu devient déterminante
#Learning

« La compétence la plus importante sera d’apprendre à apprendre » selon James Bessen et on ne peut que souscrire à cette vision des besoins liés à la transformation du travail. Très clairement, l’employabilité sera déterminée de plus en plus par la capacité d’un individu à acquérir de nouvelles compétences rapidement, ce qui traduit là encore la nécessité d’une capacité d’adaptation face à un double besoin de polyvalence et d’acquisition de compétences complexes. Ce défi de l’apprentissage permanent va supposer une double transformation de l’éducation : doter, d’une part, les apprenants d’un socle de compétences sociales et émotionnelles aux côtés des piliers du savoir et transférer, d’autre part, une grande partie des apprentissages en formation initiale vers la formation professionnelle et le développement de compétences en situation.

Students require 16 skills for the 21st century (WEF, New Vision for Education: Fostering Social and Emotional Learning through Technology, 2016)
Students require 16 skills for the 21st century
(WEF, New Vision for Education: Fostering Social and Emotional Learning through Technology, 2016)

La responsabilité des entreprises dans le développement de cet apprentissage permanent devient également décisive, notamment par l’introduction d’une culture du partage des savoir-faire internes. 

Le QI, comme premier critère de recrutement dans un monde d’explosion de l’intelligence ?

Le prospectiviste et docteur Laurent Alexandre considère, avec le courant transhumaniste,  que les progrès des nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives (NBIC) vont amener une migration de la valeur vers l’algorithme.

Sur le plan du travail, cette révolution de l’intelligence artificielle impliquera une radicale transformation du partage des tâches entre des hommes généralistes et des robots techniciens. Face à cette explosion de l’intelligence, seules des capacités cognitives supérieures seront susceptibles de trouver leur place dans cette refondation hommes/machines.

Savoir trouver son prochain job pourrait devenir une compétence décisive

Considérant que les carrières pourraient être de plus en plus marquées par de fréquents changements d’employeurs, nous pourrons rajouter, parmi cette vision des compétences clés du travail de demain, la capacité à trouver son prochain job. C’est l’un des enjeux de l’innovation dans le recrutement que nous traitons avec Welcome Talents 🙂

 

Sources :
>
Anact & TNS SOFRES, Mieux travailler à l’ère du numérique , Juin 2016 (pdf)
>
Soft skills : les compétences du futur (WEF, mise en forme re.sources, groupe Randstad France)
> World Economic Forum, The Future of Jobs Employment, Skills and Workforce Strategy for the Fourth Industrial Revolution, January 2016 (pdf)
> James Bessen, Learning by doing : the real connection between innovation, wages and wealth, 2015 


Stéphane Rodriguez

Passionné par les multiples sujets liés à la transformation digitale sur des champs #TransfoNum #RH #Travail #Emploi #Recrutement #MarqueEmployeur, #Formation // + 15 ans d’expérience en management de projets stratégiques et d’équipes pluridisciplinaires // Actuellement Directeur du numérique et des données @defimetiers // #Fiable #Curieux #Humain

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